05 mars 2008
Pour tout vous dire, en ce moment, je passe un peu plus de temps là !
25 février 2008
Dis maman, comment on...
... met une couche? Jusqu'à lors, la couche qui s'enfile comme un caleçon géant et te remboure les fesses à l'image d'un sumo entrait des mes compétences, bien que, parfois, la mission révèle quelques surprises plus ou moins odorantes. Surtout lors du désenfilage de la dite couche. Mais quelle ne fut pas ma surprise - je vous le demande - lorsque, oh stupeur, horreur, malheur, je découvris des couches de l'an 14, des couches qui s'ouvrent, qui s'autocollent si ça marche, que tu peux pas réautocoller parce que sinon, tu arraches l'enveloppe supérieure de la couche et te retrouves illico presto dans un nuage de ouate cellulosée! La couche boxer présente l'incontestable avantage de distinguer le devant du derrière part l'apposition du terme "back". Effectivement, la traduction reste à la charge de l'utilisateur, mais l'apprentissage de l'anglais justifie ma présence en terre nordique. Il s'agit donc d'une couche ludique destinée à aider bébé et maman à devenir polyglote. Marketing, quand tu nous tient.
Une fois la couche rigoureusement harnachée à bébé - ou bébé rigoureusement harnaché à la couche? - à grand renfort de scotch de déménageur et de ficelle à gigot, l'étape body se pointe. D'abord, passer la tête sans ni éborgner bébé, ni lui tailler une tête à la Van Gogh ou encore le contraindre à porter une perruque le lendemain. Non, ce trou là est pour le bras. Attention le nez. On voit la tête. Sauvée. Dernière mission, fermer les trois pressions du body. Oops mardi avec mercredi. Eh! Ne me balance pas ton pied en pleine face. La troisième a disparu.
Mon amour, bien que l'on dispose de tout le temps nécessaire devant nous, n'y compte pas tant que les bébés auto nettoyants n'existent pas.
PS : Aucun enfant n'a été maltraité durant cette séquence.
24 février 2008
De l'art de boulangerpâtisser à la danoise
Quel titre ironique! La question intéresse déjà M. Toulemonde mais la curiosité et, il faut le dire, la dubitativité, emportent une petite fille de boulanger. Une gourmette (ande?) surtout. Tout d'abord, l'odeur se dégageant des ces antres de la gourmandise titille les narines d'une manière différente : point de pain chaud sorti du four, croustillant, irrésistible, mais un mélange d'épice avec la cannelle en note de tête. Les vitrines des boulangeries sont indaignablement attirantes, voire franchement alléchantes, ne serait-ce que pour découvrir ce que cachent ces noms imprononçables de pâtisseries qui sortent tout droit du pays des rêves.
Leur pain, noir, moelleux, humide, parfumé et regorgeant de graines en tout genre - presque un gâteau - détient déjà la première place dans mon classement... jusqu'à mon retour définitif. Ca change de la baguette mais ne peut la détrôner. Puis, entre nous, 26 couronnes la baguette (divisez par 7,45. Rangez-moi cette calculatrice, voyons) ça coupe l'appétit).
Mais restait alors le plus gros, les viennoiseries et pâtisseries. Dur. Si. Vraiment. je me suis transformée en kamikaze, pas le choix. Le feuilletage du croissant? Un feuilletage? Réellement? Ils feuillettent en empilant des couches fines de beurres et saupoudrant un peu de farine pour que l'ensemble tienne. Je ne vois que ça. Et ils vous le fourrent à tout, dès fois que l'attentat diététique ne soit pas assez clair : chocolat, amandes, noisettes et leur préféré, massepain-noix de pécan-sirop d'érable. Ah si si.
La pâte à choux? Pour l'effet léger et gonflé de nos chouquettes, on repassera. Une fois de plus, pour que le chaland s'imagine déguster cette pâtisserie française, la main morte sur le beurre est exclue. Et vas-y que je te rajoute une couche de 3 cm de glaçage et une cerise confite. Euh? Les toilettes s'il vous plaît?
Les scones - leur autre spécialité... petits plagieurs - je vous brosse rapidement le portrait : beurre +++++++++++++, raisins... rien.
En un mot, messieurs-dame les danois, le pain noir, il n'y a rien à dire, mais comportez-vous en bon père de famille et par respect des bonnes moeurs et de l'ordre public, ne tentez plus la pâtisserie!
22 février 2008
Epilogue d'une semaine... brûlante
Jour 1 : Lundi, quelques nuages ornent le ciel, les oiseaux chantent (quels oiseaux?), ma bonne humeur en déconcerte plus d'un et résiste au cours de business strategy prévu aux aurores. Le train train quotidien me rejoint, les enfants à prendre en charge jusque jeudi, une nouvelle semaine s'annonce. Sauf que. Sauf que! Midi, pause pipi. Bah oui. Arghhhhhhhhhhhhhhhhh. Il y a, comme qui dirait, le feu au lac. Aux trois gouttes, certes. Ouille. Zut. Oh non, pas ça. Bon, zen, réfléchis, réfléchis... "Allo maman, bobo! Euh, non, c'est pas beau". L'important, c'est de passer la nuit qu'elle me dit. Hurmf, rassurant, vous en conviendrez. La nuit s'écoule - dans tous les sens du terme - téléphone prêt à composer le 112 d'un côté, verre d'eau de l'autre, boules Quies désenfoncées afin de garder une oreille attentive aux crises de toux des enfants à côté. Stressée? Si peu...
Jour 2 : Crevée! Le parcours de chaque sortie se calcule en fonction de la proximité des toilettes disponibles à raison d'un nécessaire toutes les 10 minutes. J'envisage alors la solution médicale et me retrouve vite découragée par les échos locaux "A moins d'une belle remontée dans les reins, ils te renverra te diurétiser à la camomille". Encourageant. J'opte dans l'attente pour des gellules de concentré de cranberries, l'important étant d'y croire.
Jour 3 : A l'article de la mort, agonisante, une douleur abdominale croissante (ça l'fait, non?), je décide que l'heure est grave. Je ne quitterai pas le cabinet médical sans une ordonnance d'antibiotiques (pas automatiques mais bien indispensables). Téléphone, prise de rendez-vous, facile. Répondeur. En danois. Les affaires se corsent. Mon interprète m'explique qu'aujourd'hui, c'est journée longue. Les consultations s'effectuent de 15h à 17h. Oh, quelle chance. 14h50, 2000 couronnes (on n'est jamais trop prudent) et mon passeport en poche, j'entame mon siège. La secrétaire me demande si l'ambassade m'envoie, je saisis l'opportunité "Oh yes". Comment ça est-ce que je dispose d'une analyse d'urines? Evidemment, toujours dans mon sac à main, au pire, je recycle en bombe lacrymo écologique. Je rêve. Elle me tend un délicat gobelet en plastique transparent que tout le monde pourra fixer et en analyser la couleur après m'y être déchargée de ces 3 gouttes qui brûlent (pas une à côté, respect). Je ressors mon ordonnance entre les mains et mon porte monnaie allégé.
Jour 4 : I'm alive! Mais toujours impossible d'avaler quoi que ce soit. J'imagine déjà mon futur premier repas se stocker directement dans mes hanches pour pallier les privations à venir. Dodo. Et là, c'est le drame. Aux environs de 23 heures, mon estomac crie famine. Résultat, me voilà au milieu de la nuit dans la cuisine à fouiller dans le congel de quoi me rassasier.
Ah vraiment, les filles!
19 février 2008
La protection médicale universelle, vaste débat
Un titre qui annonce un billet intellectuel, voilà qui sort du commun. Effectivement, mais les pseudos expat sans papier de mon espèce se retrouvent parfois, malheureusement, confrontés à ce genre de problème. Alors que notre bonne vieille France privilégie le "mieux vaut prévenir que guérir", les danois préfèrent utiliser les armes lourdes pour leurs patients dans un état proche de la septicémie généralisée. Si effectivement, certains français abusent parfois du système (je n'envisage aucune généralisation, mais ne me dites pas qu'un petit mal de gorge vous oblige à faire déplacer votre médecin à domicile en urgence), le Danemark décourage les plus téméraires de se rendre chez leur praticien s'ils ne se trouvent pas aux portes de la mort. En comparaison à notre médecin référent, chaque famille s'en voit attribuer un. Que l'idée d'en changer ne l'effleure même pas! Et oubliez dès maintenant de vous y rendre pour un début de grippe ou autre gastro. La réponse fusera : au lit, avec une bonne tisane, du repos et si vous ne constatez pas d'amélioration d'ici 10 jours, revenez.
En soi, on ne peut pas totalement critiquer, nos ancêtres se soignaient ainsi. Mais la chose tend peut-être quand même vers l'extrême. Tout est certes question de mentalité, d'habitude et de mode de vie. La gratuité des soins existe pour tous, sans condition, chacun se retrouvant ainsi sur le même pied d'égalité concernant sa santé. Les pharmacies embrayent le pas en ne délivrant pas de médicament sans ordonnance comme nous les trouvons de plus en plus. S'il existe un médecin pour chacun et que l'état prend en charge les frais médicaux, où est le problème? D'avoir un médecin! L'administration délivre à tous une carte d'assuré et désigne un médecin. Qui dit administration dit lenteur administrative. Exemple concret : un étudiant passe un semestre au Danemark. 3 semaines après son arrivée, l'office de l'immigration recueille sa demande de permis de séjour. Après examen du dossier (3 semaines) il reçoit un "pré permis de séjour" avec lequel il se rend à la mairie. Il complète alors un autre dossier pour obtenir une sorte de numéro de citoyen. Après examen du dossier (3 semaines), ce numéro lui est transmis. La carte est alors disponible à la mairie. En clair, si vous tombez malade durant les 9 premières semaines de votre séjour qui en compte 16, le mieux est tout simplement de se faire rapatrier en France pour urgences sanitaires.
Vous voulez connaître la fin de l'histoire? La fin, je ne sais pas encore. Mais une infection urinaire - ça ne m'est jamais arrivé, faut que ça tombe maintenant - qui se déclenche un lundi entraîne un coup de fil "Maman, tu peux m'envoyer le médoc?" dont on espère la réception 3 jours plus tard, une huitaines de litres d'eau sous toutes ses formes par jour, une course effreinée à la recherche de cranberries.
Cas particulier peut-être, mais à choisir, je préfère payer pour consulter un médecin quand nécessaire plutôt que de me retrouver hospitalisée en urgence et sous dialyse.
13 février 2008
Des gens pas comme les autres
Je ne suis pas à même de juger si ce titre concerne les danois ou les français, mais vous remarquerez néanmoins que leur quotidien est parsemé d'aventures que nous ne soupçonnerions pas.
Les danois...
... boivent de l'eau Carlsberg. Pas fous ;
... sponsorisent leurs soirées d'école de commerce par Lego. Ben voyons et c'est open bâton de réglisse aussi?
... se vantent auprès de français d'être les meilleurs boulangers du monde. Tu pousses le bouchon un peu loin Igmar ;
... laissent les bébés dans les landeaux en dehors des magasins. Comme ça, s'ils pleurent, tout le monde peut s'en occuper. Suffisait d'y penser ;
... font du véritable hot dog français leur spécialité. Le quoi?
... t'insultent si tu traverses alors que le bonhomme est rouge. Mêlez-vous de vos vélos ;
... proposent vraiment une délicieuse cuisine à la cantine (vraiment je vous dis) et la payent au poids. C'est mort pour moi ;
... ne trouvent jamais de place au parking pour garer leur vélo. Ça devient vraiment drôle quand le Jean-Claude Dus local arrive ;
... mangent les petits pois crus avec leur cosse. Comme en spé bio quand on étudie la chlorophylle ;
... font du jogging avec leur bébé dans une poussette tout terrain. Suspect. A tous les coups, ils y cachent un moteur ;
... sont persuadés que la Linzetorte est franco-française et le revendiquent. Tout français qui n'habite pas dans un village dont le nom se termine par "willer" ou "brück" n'a aucune idée de ce que j'évoque ;
... les caissières d'une certaine chaîne de supermarchés ne touchent pas l'argent. C'est comme au parking Vinci, tu mets la monnaie dans la machine ;
... les adultes accompagnent leur lunch d'une brique de lait. Soit dans le but de ne pas perdre leur âme d'enfant, soit car la ménopause frappe fort dans ce pays.
12 février 2008
Le mal du pays
Envie de fromage blanc, d'air pollué, de Vélib' mal garés, de métro surchargé, de blondasses ravalées, de boules Quies à 2 heures du mat' parce que, non, vraiment, y'en a marre de ce camion et de ses légumes à livrer. Après 3 semaines chez les danois, l'air pur, les rues fluides, les boulevards à vélo, les blondinets et les gazons proprets me sortent par chacun des orifices dont mon corps est équipé. Que je trouve telle ou telle chose trop propre ou bien rangée est déjà un exploit en soi, mais que je ne le supporte plus est clairement ma porte d'entrée dans le Guiness mondial des absurdités.
Tout est lisse, organisé, insipide et les façades colorées et chatoyantes ne pimentent en rien le paysage local. C'est grave docteur? Cas désespéré. Inutile de vous brosser le portrait des habitants... ceux que je prenais au premier abord pour les marseillais scandinaves, éblouie par leur coolitude, se transforment rapidement en cyclistes moroses qui vous engueulent si vous traversez dès que le feu des voitures voit rouge alors que celui des piétons passe vert un dixième de secondes plus tard. Ah bah oui, mais c'était rouge. M'en fous, j'ai pas encore ma carte de sécu, c'est pas toi qui payeras mes funérailles. Toujours à se mêler des affaires des autres et quasi prêts à vous espionner avec leurs inimitables loupiottes de vélo qui clignotent.
Si la qualité de vie nordique tant vantée se résume à pouvoir injurier en public ton prochain, merci bien, je reste à Paris. Juste pour le plaisir d'admirer une prise de bec entre une tête de veau mal stationnée et une pervenche presque pivoine!
11 février 2008
Bon anniversaire Valentin
L'un des 2 petits bouts de choux que je garde fête aujourd'hui ses 2 ans. Pour l'occasion, tous ses camarades danois de la crèche ont débarqué. Eh oui, la crèche à la maison est une autre de ces coutumes locales qu'eux seuls peuvent imaginer. A 9h30, 6 fois 3 pommes de haut foulent le paillasson et se dirigent illico vers le palais du petit roi de la journée afin de découvrir - et tester - tous les trésors qu'il renferme. Suit le goûter adapté aux goûts scandinaves. Là où n'importe quel franchouillard se damnerait pour un gâteau au chocolat et s'empiffrerait de Tagada, Carambar, Smarties et autres Dragibus, nos nordiques s'orientent plutôt vers le pain noir-fromage bizarre-grains de raisin-bâtonnets de concombre, arrosé d'une brique de chocolat au lait froid. C'est la fête. A savoir, les adultes se chargent volontiers de faire la razzia sur le stock de bonbons qu'ils évitent de glisser sous le nez des plus jeunes, de peur, sûrement, qu'ils ne leur en chipent un ou deux au passage. C'est pas bien.
Mais, à petit français, anniversaire avec une pointe de francophilie. La maman en bonne maman gourmande n'a pas hésité à confectionner un roulé au Nutella que sa progéniture seule a dû déguster, les autochtones ne s'aventurant pas dans une telle inconnue. Manger un train, vous n'imaginez tout de même pas!











